Poire, Cahouètes, Coffee & Cigarettes

20 mars 2009

dit comme ça, c'est tellement simple

Le problème est d’un tout autre ordre que la délinquance de patrons voyous, l’inconscience de traders fous ou même l’indécence de parachutes dorés. Ce que le capitalisme a d’indéfendable, par-delà tout comportement individuel, c’est son principe même : l’activité humaine qui crée les richesses y a le statut de marchandise, et y est donc traitée non comme fin en soi, mais comme simple moyen. Pas besoin d’avoir lu Kant pour voir là la source permanente de l'amoralité du système.

-Lucien Sève-

Posté par matiu à 17:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


09 février 2009

pas d'idéologie

Le petit timonier du régime qui entends régner sur nos vies à affirmer, concernant le mouvement des chercheurs, que ses réformes ne sont pas dictées par l'idéologie.
Voici un petit graphique qui reprends les chiffres de l'OCDE à propos des budgets de la recherche sur les 15 dernières années.
graph_budget_recherche



















Rien d'idéologique, donc, comme on peut le voir.

Posté par matiu à 21:12 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

08 février 2009

Jusqu'ici tout va bien

....
Dans un dossier intitulé «Libertés publiques : état des lieux», publié dans son édition datée du 5 février, le Monde notait que «577 816 personnes résidantes en France et âgées de plus de 13 ans» se sont entendues notifier leur garde à vue durant la seule année 2008. Soit, précise le journal, environ 1 % de la population.
Ce chiffre hallucinant ne traduit pas une montée statistique de la criminalité, mais bien de la criminalisation de tous les individus.
Nous sommes désormais tous des coupables potentiels.
A moins d'avoir une carte à l'UMP, ou de faire parti de la milice police cela va de soit...
A part ça, tout va bien...

Posté par matiu à 14:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 février 2009

pour les valentins, et les valentines

fee_bicro_rose_web566

Posté par matiu à 10:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 janvier 2009

les effets du partage de fichiers et du téléchargement gratuit seraient globalement positifs pour la société

Peer-to-Peer -

Selon une étude commandé par le gouvernement des Pays-Bas, les effets du partage de fichiers et du téléchargement gratuit seraient globalement positifs pour la société néerlandaise.

A l'échelle d'une société tout entière, la lutte contre le piratage est-elle pertinente pour le développement économique et culturel ? En France, le gouvernement ne semble pas en douter, pressé par le Président Nicolas Sarkozy de faire adopter au plus vite la riposte graduée par l'Assemblée nationale. Mais dans les pays nordiques, des doutes persistent. Le gouvernement néerlandais a ainsi commandé au cabinet TNO un rapport de 142 pages sur les effets économiques et culturels du partage de fichiers aux Pays-Bas, dont les résultats viennent d'être publiés. Contre toute intuition, ils concluent que le P2P a un effet économique globalement positif sur l'économie néerlandaise.

Après avoir interrogé de gros utilisateurs de P2P, sondé 1500 internautes néerlandais et questionné des professionnels des industries de la musique, du cinéma et du jeu vidéo, les chercheurs ont découvert que "les implications économiques du partage de fichiers sur le niveau de bien-être aux Pays-Bas sont extrêmement positives sur le court terme et le long terme".

Le cabinet estime que 4,7 millions d'internautes néerlandais âgés de plus de 15 ans ont téléchargé sans payer entre 1,5 et 2 milliards de fichiers musicaux en un an, ce qui fait environ 7,5 morceaux téléchargés pour 1 morceau acheté. Mais selon l'étude, les P2Pistes néerlandais qui téléchargent de la musique se seraient  "enrichis" de l'équivalent de 200 millions d'euros de fichiers musicaux, tandis que l'industrie musicale n'aurait perdu dans le pire des scénarios que 100 millions d'euros de manque à gagner.

"L'industrie doit trouver de nouveaux modèles économiques"

C'est la magie de la multiplication des pains permise par le P2P, qui ne cause pas nécessairement de préjudice direct à l'industrie. Mais qui, au niveau sociétal, permet d'avoir globalement une société mieux instruite, plus "consommatrice" de culture, sans appauvrissement économique. "Beaucoup de ceux qui partagent de la musique n'achèteraient pas autant de CD au prix actuel si le téléchargement n'était plus possible", constate notamment l'étude. "Soit parce qu'ils ne peuvent pas se le permettre, soit parce qu'ils ont d'autres priorités budgétaires : ils manquent de pouvoir d'achat".

Globalement, les téléchargeurs sont aussi les plus gros payeurs. L'étude note ainsi que "parmi ceux qui téléchargent de la musique et des films, le pourcentage de ceux qui en achètent est aussi élevé que parmi ceux qui ne téléchargent pas". Mieux, "parmi ceux qui téléchargent des jeux vidéo, le pourcentage des acheteurs est même plus élevé que ceux qui ne téléchargent pas". Les P2Pistes achètent plus de films sur DVD (mais en louent moins) que les autres, plus de jeux vidéo, vont davantage aux concerts, et achètent plus de produits dérivés. Ils sont également une grande majorité à dire qu'ils n'achèteraient pas davantage si le P2P n'existait plus.

Contactée par Numerama, l'auteur de l'étude, Annelies Huygen, estime qu'il est "important pour l'industrie de lancer de nouveaux modèles économiques". "Actuellement, une partie de la demande n'est pas satisfaite. Les gens sont prêts à payer, mais l'offre ne rejoint pas la demande", constate-t-elle.

Les pouvoirs publcis, eux, devront s'inspirer des conclusions de l'étude. En matière de droit d'auteur, tout l'art du législateur est de trouver le meilleur équilibre possible entre la protection des intérêts économiques des créateurs et l'intérêt culturel de la société tout entière. Il n'est pas certain, loin s'en faut, que la riposte graduée contribue à trouver cet équilibre.

Mais on peut déjà parier que, fidèle à ses habitudes, le gouvernement français préfèrera ignorer totalement cette nouvelle étude et ne citer que celles commanditées par les lobbys de l'industrie culturelle.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Posté par matiu à 14:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 janvier 2009

Je ne peux pas résister...

Aqui... au plaisir de mettre cette image que m'a fait parvenir un ami récemment. Elle illustre tellement bien notre monde de communication actuelle. Et j'en fais parti moi aussi avec les "a peu près" et autres "sentiments" ou "impressions"...

Posté par JB Haussien à 14:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 janvier 2009

rappel de règles essentielles

A l'attention des journalistes ou futur journalistes, ou de toutes personnes chargées de rédiger informations ou communiqués:

12 règles infaillibles pour publier des nouvelles en provenance du Proche Orient dans les grands médias.

1. Au Proche Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers et c’est toujours Israël que se défend. Cette défense s’appelle « représailles ».

2. Ni les Arabes, ni les Palestiniens, ni les Libanais n’ont le droit de tuer des civils. On appelle cela du « terrorisme ».

3. Israël a le droit de tuer des civils. Cela s’appelle de la « légitime défense ».

4. Lorsque Israël tue des civils en masse, les puissances occidentales demandent qu’il le fasse avec plus de retenue. Cela s’appelle « réactions de la communauté internationale ».

5. Ni les Palestiniens ni les Libanais n’ont le droit de capturer des soldats israéliens à l’intérieur d’installations militaires équipées de sentinelles et de postes de combat. Il faut appeler cela « séquestration de personnes sans défense »

6. Israël a le droit de séquestrer, à n’importe quelle heure et n’importe où, autant de Palestiniens et de Libanais qu’il lui plaira. Le chiffre actuel tourne autour de dix mille, parmi lesquels des enfants et des femmes. Il n’est pas nécessaire de fournir la moindre preuve de culpabilité. Israël a le droit de garder en détention indéfiniment des prisonniers, même si ceux-ci sont des personnalités démocratiquement élues par les Palestiniens. On appelle cela « emprisonnement de terroristes ».

7. Quand on mentionne le mot “Hezbollah”, il est obligatoire d’ajouter dans la même phrase : « soutenu et financé par la Syrie et par l’Iran ».

8. Quand on mentionne « Israël », il est catégoriquement interdit d’ajouter : « soutenu et financé par les Etats-Unis ». Cela pourrait donner l’impression que le conflit est inégal et que l’existence d’Israël ne court aucun danger.

9. Dans les informations concernant Israël, il faut toujours éviter qu’apparaissent les locutions suivantes : « Territoires occupés », « Résolutions de l’ONU », « Violations des Droits de l’Homme » et « Convention de Genève ».

10. Les Palestiniens, comme les Libanais, sont toujours des « lâches » qui se cachent au milieu d’une population civile qui ne les aime pas. S’ils dorment chez eux, avec leur famille, cela porte un nom : « lâcheté ». Israël a le droit d’anéantir, avec des bombes et des missiles, les quartiers où ils dorment. Cela s’appelle : « des frappes chirurgicales de haute précision ».

11. Les Israéliens parlent mieux l’anglais, le français, l’espagnol ou le portugais que les Arabes. C’est pourquoi ils méritent d’être interviewés plus souvent et, donc, d’avoir plus souvent que les Arabes l’occasion d’expliquer, au grand public, les règles ci-dessus pour la rédaction des nouvelles (règles 1 à 10). On appelle cela « la neutralité journalistique ».

12. Toutes les personnes qui ne sont pas d’accord avec les susdites Règles sont, et il faut que cela se sache, des « terroristes antisémites hautement dangereux ». Ou, dans la langue de Philippe Val, des "alliés (objectifs) de Ben Laden".

Posté par matiu à 13:19 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

05 janvier 2009

Réformer en douce, et dans le joie

Pour ceux auxquels ça avait échappé : un accord signé à la veille des vacances scolaires. Une petite revue de presse d'une bien lourde réforme: personne n'avais osé, mais Kouchner aux ordres de Sarkozy, lui, l'a fait...


Le canard enchaîné, 24 décembre 2008 Catho de Noël

Les relations entre ces 2 grands états que sont la France et le Vatican sont de plus en plus cordiales.

Sous le haut patronage de l'Elysée et la houlette d'Emmanuelle Mignon, longtemps dircab' de Sarko et catho de choc, notre ministre des affaires étrangères, Kouchner a signé le 18 décembre, avec Mgr Mamberti, secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États, son homologue en somme, un accord de reconnaissance des diplômes de l'enseignement supérieur catholique.

Jusqu'à présent, les facultés cathos ne pouvaient obtenir le titre d'université à part entière ni surtout les financement publics. Seul l'État avait le droit de délivrer des diplômes. Et c'était ça depuis 1870 !

Mais tout cela va changer. Telle une bulle papale, l'affaire n' a pas eu les honneurs du parlement.

Un simple texte réglementaire a suffi, sur lequel Pécresse, accessoirement Ministre de l'enseignement supérieur n'a pas eu voix au chapitre.

Accord Kouchner/Vatican : l'UNSA Education dénonce un passage en force

Communiqué de l'UNSA Education du jeudi 18 décembre 2008.

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Mgr Mamberti, secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États, ont signé jeudi 18 décembre à Paris un accord de reconnaissance des diplômes de l'enseignement supérieur. Selon le "communiqué technique" publié par le Quai d'Orsay, "cet accord a pour objet de reconnaître la valeur des grades et des diplômes canoniques ou profanes [toutes les autres disciplines] délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholiques reconnus par le Saint-Siège et de faciliter les différents cursus universitaires". La fédération UNSA Education dénonce ce passage en force qui remet en cause les principes fondamentaux de la Constitution et de l'Université.

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Mgr Mamberti, secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États, ont signé jeudi 18 décembre à Paris un accord de reconnaissance des diplômes de l'enseignement supérieur. 

Selon le "communiqué technique" publié par le Quai d'Orsay, "cet accord a pour objet de reconnaître la valeur des grades et des diplômes canoniques (théologie, philosophie, droit canonique) ou profanes[toutes les autres disciplines] délivrés par les établissement d'enseignement supérieur catholiques reconnus par le Saint-Siège et de faciliter les différents cursus universitaires". 

La fédération UNSA Éducation pose les trois questions suivantes au Gouvernement :

1) Le Ministre des Affaires Étrangères aurait-il compétence pour gérer l’enseignement supérieur ?

2) Un État étranger peut-il désigner des établissements français en capacité de délivrer des diplômes français ?

3) N’est ce pas aussi une atteinte fondamentale à la laïcité de la République et de l’Université, seule habilitée jusqu’à présent à pouvoir délivrer les diplômes nationaux que sont les grades universitaires après avis du Cneser¹ ?

La fédération UNSA Education dénonce ce passage en force qui remet en cause les principes fondamentaux de la Constitution et de l'Université.

¹ Cneser : Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche

La Croix, Nicolas SENÈZE, 18/12/2008 17:00

Les diplômes des universités catholiques vont être reconnus par l'ÉtatLa France et le Saint-Siège ont signé jeudi 18 décembre au Quai d’Orsay un accord sur la reconnaissance des diplômes de l’enseignement supérieur

C'était il y a tout juste un an. Le 20 décembre 2007, au palais du Latran à Rome, Nicolas Sarkozy relevait que, « aujourd’hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refuse de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative ou aux moyens de communication des Églises, répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur catholiques alors que la convention de Bologne le prévoit, n’accorde aucune valeur aux diplômes de théologie ». « Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays », continuait le président de la République dans ce discours qui fit grand bruit.

Depuis jeudi 18 décembre, les choses ont changé en ce qui concerne les diplômes. « Ils sont maintenant reconnus de part et d’autre », s’est félicité Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, au moment de signer avec Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États, un accord sur la reconnaissance des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur catholique.

En clair, la France s’engage à reconnaître désormais la valeur des titres et diplômes, canoniques (théologie, philosophie, droit canonique) ou profanes, délivrés par « les établissement d’enseignement supérieur catholiques reconnus par le Saint-Siège », précise le texte signé par la France et le Saint-Siège.

Cette signature, jeudi, sous les ors du grand salon du Quai d’Orsay, est historique. Elle revient sur une situation d’infériorité de l’enseignement supérieur catholique vieille de plus d’un siècle. Car si, en 1875, la IIIe République a proclamé la liberté de l’enseignement supérieur, elle avait très vite, dès 1880, à l’initiative de Paul Bert et Jules Ferry, réservé l’attribution des titres universitaires aux seules universités publiques. En 1984, le Conseil d’État a estimé que ce principe du monopole d’État de la collation des grades universitaires s’imposait même au législateur. 

Le processus de Bologne venu brouiller les cartes

En pratique, les universités catholiques devaient donc jusqu’ici, pour conférer une licence ou un doctorat, soit passer une convention avec une université publique, soit demander au recteur d’académie d’organiser un jury d’État chargé d’évaluer leurs candidats… Quant aux diplômes en théologie ou en droit canonique – sauf le cas des diplômes délivrés par l’université de Strasbourg, sous régime concordataire –, l’État ne les connaissait tout simplement pas.

Le processus de Bologne, par lequel 29 États européens  dont la France et le Saint-Siège – se sont engagés à établir d'ici à 2010 un espace européen de l’enseignement supérieur, est venu brouiller les cartes. En reconnaissant les diplômes étrangers, la France reconnaissait, de fait, les diplômes délivrés par des institutions catholiques de ses partenaires européens. La République devait aussi reconnaître les diplômes canoniques reconnus chez ses partenaires.

Pourquoi, dès lors, ne pas reconnaître ceux des universités catholiques françaises ? L’accord signé jeudi met fin à cette situation en ouvrant la voie à une reconnaissance des diplômes délivrés par les établissements catholiques – du moins ceux reconnus par le Saint-Siège.

« J'avoue que je n'étais pas au courant du processus en ce qui concerne les diplômes profanes », reconnaît le P. Michel Quesnel, recteur de l’Université catholique de Lyon et président de l’Union des établissements d’enseignement supérieur catholique (Udesca), au nom de laquelle il avait justement préparé, après le discours du Latran, un rapport sur la question des diplômes canoniques.

Reste à savoir quand l'accord sera applicable

Il semble que les discussions entre le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, à Paris, et la Congrégation pour l’éducation catholique, à Rome, n’ont porté que sur ceux-ci. La question des disciplines profanes aurait, elle, été introduite lors de la négociation de l’accord entre le Quai d’Orsay et la Secrétairerie d’État du Vatican.

« C'est sans doute une avancée, mais j’en ignore le contenu et la portée », avoue le P. Quesnel, qui ne peut dire si les universités catholiques vont désormais pouvoir conférer directement licences ou masters, ou si leurs étudiants diplômés d’un master seront acceptés en doctorat dans le cadre d’une équivalence… « Jusqu’à présent, tous nos rapports avec le ministère de l’enseignement supérieur ont été dans le cadre d’une convention avec une université publique ou du jury rectoral », nous précise-t-il.

Difficile donc de dire la portée exacte de cet accord, qui pourrait concerner 14 000 étudiants préparant des diplômes nationaux dans les cinq universités catholiques. Il faut y ajouter 4 000 étudiants dans ce qu’il est convenu d’appeler les « sciences ecclésiastiques » (théologie, philosophie et droit canonique), non seulement dans les universités catholiques, mais au Centre Sèvres ou à l’École Cathédrale, dont les facultés de théologie sont reconnues par le Saint-Siège.

Reste à savoir quand cet accord sera applicable. Jeudi, le Quai d'Orsay n'était pas en mesure de préciser si une ratification par voie parlementaire était requise. Il faudrait alors compter avec les réactions laïques : aux lendemains du discours du Latran, quand le président de la République avait évoqué cette idée de reconnaître les diplômes des universités catholiques, nombreux avaient été ceux qui dénoncèrent « la fin du service public laïque ».

Posté par matiu à 11:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 décembre 2008

Pas de train à Noël.

C'est tellement beau, tellement simple, que ca laisse sans voix. une info relevée par le site Arrêt-sur-Images, qui ne sera sans aucun doute relayée par aucun des médias française de la presse qui ment. ------------------- Pas de train dans toute la France pendant plus de deux jours à partir de la soirée du 24 décembre ? Impossible. C'est pourtant ce qui se passe en Grande Bretagne : plus de train pendant 58 h, constate The Independent qui évoque ce "trains fiasco" à la Une (le journal est d'ailleurs le seul quotidien à faire la Une avec ce sujet). Les principaux services ferroviaires brtanniques se sont arrêtés à 20 h le 24 décembre et ne reprendront que samedi 27 décembre à partir de 6 h du matin. Ceci malgré un grand nombre de matchs de football prévus le 26 décembre, aussi appelé Boxing Day en Grande Bretagne. Les compagnies ferroviaires privées estiment que peu de voyageurs auraient envie de prendre le train pendant cette période. "L'industrie ferroviaire, le gouvernement et les autorités chargées de la régulation de ce secteur se rejettent mutuellement la responsabilité de cet arrêt national du trafic" qui s'était déja produit l'année dernière. Un arrêt qui est le résultat de la privatisation des chemins de fer britanniques et du manque de coordination entre les différentes compagnies et le gouvernement. L'Independent signale qu'il n'y a pas non plus de trains en Irlande ni le jour de Noël, ni le lendemain.

Posté par matiu à 11:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 novembre 2008

Judith, merci

Comme à chaque fois qu'elle prend le clavier, elle me fait un bien fou.
Je veux parler bien sûr de Judith Bernard, chroniqueuse de "Arrêt sur Images".
Parce que ses textes sont toujours fin, incroyablement intelligent et intelligible, autrement dit elle applique a elle même l'exigence qu'elle aimerait voir appliquée par les autres (les journalistes soi-disant professionnels).
Et surtout, surtout, parce qu'elle n'a pas peur du gros mot ultime POLITIQUE. non pas la lamentable mascarade des infos télé, fossoyeurs d'une démocratie moribonde. Non, la vrai politique, au sens propre du terme, celle qui n'intéresse (presque) plus personne, et surtout pas ceux qui sont élus pour la faire : l'organisation de la cité.
Et oui, le journalisme devrait être le métier le plus politique qui soit, en notre époque ou l'opinion publique se fabrique dans les médias.
J'adore le travail de Judith Bernard car elle dit, mieux que je ne saurai jamais le dire, exactement ce que je pense.
Alors tiens, pour le plaisir, voilà en entier sa dernière chronique consacrée à un immondice produit par M6. lisez bien tout jusqu'à la fin, c'est là que se trouve le coeur.

---------------

chronique Le 27/11/2008 Par Judith Bernard

Ne dites pas « pauvreté des vieux » : dites « travail des seniors »

Zone interdite se penche sur les plus de cinquante ans « précaires »

Et si on se faisait une petite émission télé ? Allez, au hasard (le hasard en ces lieux s’appelle le Capitaine, pointant son index impérieux sur ce qui mérite qu’on s’y attarde), Zone interdite : le numéro de dimanche soir portait un titre étrangement long, abstrait et compliqué: « Précarité, discrimination, logement : douze millions de français en danger ».

En fait, derrière son côté ramassis de problèmes touchant énormément de gens divers, le titre, pudique, n’osait pas dire son vrai sujet, qu’on peut résumer comme suit : "plus on est vieux, plus on risque d’être pauvre". Comme ça faisait deux mots – vieux, et pauvre - que les médias évitent scrupuleusement, la rédaction a préféré le ramassis compliqué, nous laissant découvrir peu à peu qu’il ne serait question que des plus de cinquante ans (parfois un tout petit peu moins, souvent beaucoup beaucoup plus) et de leur difficulté à trouver les moyens de leur survie.

Mais on ne le dira pas comme ça. En langue média, on ne dit pas « vieux », on dit senior. Et en langue media, on ne dit pas qu’on est pauvre : on dit qu’on veut du travail. On va donc passer la soirée entendre parler des "seniors" qui veulent à tout prix "travailler", tandis que nos yeux verront des plus ou moins vieux luttant désespérément contre leur appauvrissement.

Le sujet n’est pas des plus glamour, et j’en devine au fond qui craignent déjà les images lugubres et les commentaires pathétiques, à vous plonger dans la neurasthénie jusqu’au prochain spot publicitaire. Mais c’est sans compter la formidable propension du petit écran à faire spectacle de tout, et surtout des faux-semblants.

I - Les jeunes seniors : perdre son emploi, garder la pêche ;-) !

Effets de façade et ciment télé

Des faux-semblant, en la matière, y en a foison : outre que le senior chômeur, comme à peu près n’importe qui devant une caméra, ne dit jamais "je veux de l’argent pour vivre décemment", mais dit "je veux travailler parce que c’est bien" (premier faux-semblant), le senior chômeur doit, en toutes circonstances, et alors qu’il a vraiment les boules, faire "bonne figure" et, comme on dit, "sauver la face" (deuxième faux-semblant).

Il doit en effet montrer partout et tout le temps (surtout devant une caméra) ce que l’époque appelle son "employabilité", chose qui ne veut rien dire et consiste essentiellement à faire mine qu’on a une super pêche ; c’est un effet de spectacle, une façade, et c’est extrêmement télégénique. Alors quand ça se présente, la télé ne boude pas son plaisir : au contraire, elle souligne, elle renforce, elle bétonne l’effet - elle cimente la façade avec tout plein de crépi musical...

...Ainsi voit-on Jacques au jardin tout sourire et tout musique, comme Olivier au jardin aussi (très très télégénique, le jardin, pour mettre en valeur une façade), tout sourire et tout musique aussi...         picto

La surenchère musicale façon pub est tellement appuyée qu’on se demande même si c’est pas un gag ou du second degré, mais non on se dit ça peut pas être ça, parce que quand même, pour Jacques, pour Olivier (qui était directeur commercial avant de postuler à un emploi de ramasseur de feuilles au camping), pour nous, c’est triste.

Sous le crépi, la faille

C’est triste, c’est dur, c’est grave, et nos seniors chômeurs, contraints à quémander un job, n'importe lequel pourvu que ça remplisse le frigo, ont du mal à cacher qu’ils morflent un maximum: seuls face caméra, devant l’interviewer assidu, qui fouille dans la blessure, forcément, la façade se lézarde et les larmes viennent: ils aimeraient les cacher, ils détournent les yeux, ce n’est pas ça qu’ils voulaient montrer - mais c’est sans compter la formidable propension de la télévision à faire spectacle de tout, et surtout de ce qui se refuse au spectacle.

 

 

Alors on serre au maximum sur le regard mouillé, on cadre bien, c’est dans la boîte, et zoom…

 

 

picto (séquence émotion)

 

...le jeune senior, déjà maltraité par le marché de l’emploi, se retrouve promu chair à canon télévisuel, et sa douleur servie comme un bon produit.

Y a pas d’hiatus


Entre le spectacle volontaire du côté "win", et le spectacle involontaire du côté "lose", c’est tout bénef à l’image et double effet télégénique ; qu’il y ait un hiatus, une contradiction flagrante entre les deux, et que le côté pile (au cœur du désastre) démente le côté face (à face avec les autres) ne sera pas creusé :

la télé n’aime pas beaucoup les profondeurs, et préfère glisser de surface en surface, sans trop réfléchir, un peu comme Martine qui lustre son carrelage déjà bien brillant "trois fois par jour", "pour ne pas trop réfléchir à (s)a situation qui est très lourde", comme elle dit avec raison. Zone interdite Seniors photo

Comme elle, le reportage s’agite, passe de pièce en pièce et de « personnage » en « personnage » plutôt que de se focaliser sur un seul et d’approfondir la réflexion – entendue comme reflet et comme effort de pensée.

Rêvons un peu : on pouvait imaginer, plutôt que ce collage superficiel de plans télégéniques, un portrait, un seul, de n’importe lequel des protagonistes ; on pouvait imaginer que l’interviewer pose des questions, de vraies questions : qu’est-ce qui vous manque, exactement, dans le travail : l’activité, ou le revenu ? Si c’est l’activité, comment se fait-il que seule une activité rémunérée ait de la valeur à vos yeux, ne pouvez-vous concevoir une activité dont vous soyez l'instigateur ? Si c’est le revenu qui vous manque, pourquoi ne le dites-vous pas comme ça ? Pourquoi dites-vous "travail" ? Est-ce vrai que "travail" et "revenu" sont synonymes ? Dans quelle classe sociale est-ce vrai ? Dans quelle classe sociale n’est-ce pas vrai ? Trouvez-vous que cela soit juste ? Pensez-vous que les choses peuvent changer ? Comment imaginez-vous qu’on pourrait changer les choses ? La politique a-t-elle le pouvoir de changer un tel état de choses ? Comment ça mes questions sont orientées ?

II – Les vieux seniors : attention, « précaires »…

Le premier reportage, sur les jeunes seniors mis au chômage avant la retraite, était un peu indécent, avec son double effet spectacle, et cette totale insconscience des enjeux de son propre sujet ; mais au moins, rendons-lui justice, il était instructif : des séquences en caméra cachée dans les officines de recrutement faisaient apparaître le jeunisme comme un critère officieux, mais absolument déterminant dans les entreprises à image moderne ; répréhensible par la loi, certes, en vertu de l’interdiction de la discrimination à l'embauche, mais difficile à qualifier, en raison des ruses des employeurs : on avait là quelques élément solides pour réfléchir à des moyens plus efficaces pour lutter contre le fléau, à défaut de prendre le problème par un autre bout.

Le second reportage, sur les retraités obligés de trimer jusqu'à pas d'âge pour bouffer, est carrément obscène. Parce que la situation, là, semble désespérée : c’est Joseph, 84 ans, qui se lève tous les jours à 3h30 pour faire chauffeur routier avec son gros camion, c’est Mauricette, 82 ans, qui fait mannequin pour payer son loyer… Les retraites des "personnages'" (comme dit la présentatrice) sont minuscules, leur solvabilité plus qu'improbable, leurs soins dentaires non finançables, leurs conditions d’existence, pratiquement misérables. Ce n’est pas de la faute du reportage, me direz-vous : c’est la situation qui est obscène, pas sa représentation. Mais il me semble que si : l’obscénité ici tient aussi à la nature de la représentation.

Mauricette au bras de Jésus, c’est glamour


D’abord parce que le reportage n’a pas pu s’empêcher, à nouveau, de bétonner les effets de façade, dont nous avons toutes les raisons de ne pas être dupes, avec de la bande-son bien glamour : quand Mauricette fait mannequin, ça passe bien, alors on vous le met en musique pour que ce soit encore plus fun, plus cool...

picto et plus branchouille, surtout.

Comme si c’était fun, et cool, pour Mauricette, de le faire pour pouvoir payer ses factures EDF.

La séance de pose avec celui qui fait "Jésus" est un moment d’anthologie de la société du spectacle, et de la télévision qui est sa métonymie : s’occupant d’offrir le spectacle de la charité, de l’entraide, de la solidarité intergénérationnelle, elle ne fait évidemment que du spectacle, et se dispense de réfléchir et d’œuvrer à cette solidarité dont elle mime les formes avec bonne conscience et tellement d'élégance...

Le reportage ne fait pas autre chose, puisqu’il se prive des moyens de réfléchir à ce qu’il montre, en n’interrogeant jamais les protagonistes sur la morale de ce qu’ils vivent. Quand ils disent, ces vieux, « c’est malheureux mais c’est comme ça », parce que c’est ça qu’ils disent, résignés, jamais on ne les relance, jamais on ne leur demande : ça ne pourrait pas être autrement ? Vous trouvez ça normal ? Vous trouvez ça moral ?

La question morale


Ce n’est pas la mission de la télé, me répondrez-vous peut-être ; les journalistes n’ont pas à "réfléchir", ils ont à montrer ; soit, mais alors qu’ils montrent, seulement - et qu’on m’enlève cette musique.

Ils n’ont pas à juger, me dira-t-on encore, ils ont à décrire, et la morale n’est pas leur affaire. Je veux bien. Mais pourquoi alors moralisent-ils quand même, brusquement très chatouilleux sur des questions d’éthique, quand il s’agit de mettre sa maison en viager ? Le troisième reportage, sur cette pratique qui permet à des vieux de vivre de la rente de leur maison pré-achetée, est copieusement traité sur le mode de l’interrogatoire moral :

Aucune question ne sera épargnée aux protagonistes de cette transaction « taboue »

 

 

L'interrogatoire moral(iste) picto

Sur cette question-là, c’est étonnant, on ne se lasse pas de demander au vieux ce qu’il en pense, l’invitant implicitement à méditer l’immoralité de son acte.

Il y a aurait donc, pour la morale à la télé, deux poids deux mesures : la morale d’une société faisant à ses vieux l’obole de retraites misérables et objectivement insuffisantes ne sera pas une seule fois interrogée ; la morale d’une société permettant à certains de vivre des revenus de leur argent qui "travaille" pour eux, tandis que d’autres n’ont pour capital que la "force" de travail de leur vieux corps fatigué, pas une seule fois mise en cause. Mais la morale d’un retraité faisant le "choix" de priver sa parentèle de son héritage, si.

Pourquoi ? Peut-être parce que les auteurs de ces reportages ne conçoivent la question morale qu’au singulier, dans l’acte individuel, et qu’ils n’envisagent pas qu’on puisse en appliquer les exigences à la collectivité. Peut-être parce qu’interroger la morale d’une collectivité débouche sur des questions politiques, et que ces questions-là, bien plus que celle du viager, sont taboues. Peut-être sont-elles taboues parce qu’elles sont segmentantes, et que segmenter n’assure pas les audiences larges et consensuelles que vise la télé. Peut-être qu’on ne peut pas faire de l’information, véritable, profonde, intelligente, quand on est obligé de faire du commerce d’images dans une économie de marché. Peut-être que ma conclusion est beaucoup trop politique. Mais ici, n'est-ce pas, je ne suis pas à la télé : je peux au moins me permettre de poser la question (pourvu que ça dure).

Posté par matiu à 13:04 - - Commentaires [1] - Permalien [#]