Poire, Cahouètes, Coffee & Cigarettes

Blog rédigé à plusieurs mains, "Poire,Cahouètes, Coffee and Cigarettes" est un lieu de débat autour de la politique, de la société, de l'information, et quelques autres petites choses encore. Un blog d'humeurs, souvent mauvaises.

25 novembre 2008

France-Inter, la honte

De jours en jours, l'ancienne meilleurs radio de France s'enfonce d'avantage dans la médiocrité, la nullité digne de RTL ou de Europe1. Toujours plus servile, toujours plus prétentieux (Nicolas Demorand) toujours plus inconsistant et appâté par une course à l'audimat ridicule, digne de celle que perd chaque jours France 2 en courant derrière les putasseries de TF1, les journalistes de France-Inter pietinent avec constance les principes de base de leur métier, et nous font oublier un peu plus qu'on avait pû aimer cette radio.
Dernière preuve en date, débusquée par les excellent Acrimed, le bidouillage plus que honteux monté sur l'histoire de la soi-disant "ultra-gauche" qui serait de retour en France (tremblez, bonne gens...)

Tripatouillage sur « l’ultra-gauche », en direct de France Inter

S'il avait été un vrai journaliste, le responsable, Denis Astagneau aurait dû être viré sur le champs. Au moins, il ferait mieux de s'en tenir à son obsession pour les voitures, là au moins il ferait moins de mal...

Posté par matiu à 22:16 - presse, media - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


21 octobre 2008

Même le web crée ses guéthos... avec le sourire en plus

AquiC'est extra-ordinaire la bêtise quand même, non? Moi j'étais persuadé que le web était un univers de brassage, de mutualisation, de partage... Que sur le web on laissait tomber certains vieux carcans et qu'on développait la transversalité et tout ça, et tout ça.
Je m'étais même un jour disputé avec Claude Julien lors d'une conférence publique parce que celui-ci présentait une vision sombre d'Internet basé sur la pédophilie, la menace terroriste etc. Bref j'étais, encore une fois, dans l'angélisme je crois car hier j'apprends que le Hamas avait créé un Youtube du terrorisme et aujourd'hui techcrunch me présente le lancement d'un monde virtuel musulman par un réseau social lui même musulman don j'ignorais complètement l'existence.
Rassurez moi Facebook est bien réservé au chrétien catholique apostolique et romain?

Posté par JB Haussien à 12:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 octobre 2008

NRV, le garçon est énervé...

C'est dingue quand même ce qu'il se passe en ce moment non? Alors je résume :

  • Le petit Nicolas veut plus extrader les anciens terroristes parce que sa chérie lui a expliqué que c'était pas sympat
  • Le petit Nicolas n'aime plus les banquiers ni les libéraux "qui abusent"
  • Le petit Nicolas et ses amis de l'UMP ont décidé d'organiser les assises de la re-fondation du capitalisme

Pendant ce temps là, le Parti Socialiste se demande si il devrait pas repousser son congrès de Reims.
Laurent Fabius choisi de signer la motion Aubry et dit sans rire "J'ai choisi de signer cette motion avec Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Arnaud Montebourg, car les propositions que nous avons faites sont vraiment à gauche." cf. aqui.fr
Et pas un de nos amis journalistes, éditorialistes et autres commentateurs ne s'énerve dans le poste. Tout le monde semble même trouver le petit Nicolas formidable. Je trouve ça dingue et énervant. Il me semble quand même qu'en 2005 la majorité des français avait refusé un projet de traité constitutionnel pour l'Europe notamment à cause de sa complète dérive ultra-libérale... A l'époque on nous a traité de doux rêveurs ou de paranoïaques, c'était selon. On a même eu des grands penseurs qui nous ont expliqué qu'on était des fachos, frileux et refermés sur nous même dans une vision passéiste de l'Europe.
Et maintenant ? Ils font quoi ? Il remette 100 balles dans le Juke box et ça repart ou alors ils se posent les bonnes questions ? GRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR !!!

Posté par JB Haussien à 19:10 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 octobre 2008

Tellement français, tellement naze....

Tellement français, tellement naze, cet acharnement des puissants sur ceux qui ont le mauvais gout de se plaindre un peu quand on leur broie les couilles dans un étau, alors qu'ils devraient dire merci.
Après les poursuites débiles contre le chanteur de La Rumeur (3éme pourvoi en cassation après 3 relaxes, un première historique depuis le XIXéme siècle...) voici que l'Etat, toujours par le biais de son fidèle valet la Justice-aux-ordres, s'en prend une fois de plus aux ex-Action Direct, et plus précisement à Jean-Marc Rouillant. Son crime? ne pas avoir exprimé de remords pour les assassinats commis durant ses années de terrorisme. Ast-ton éxigé des déclarations du même genre de la part de Papon, avant de le libérer, soi-disant pour raison de santé, alors qu'il gambadait sur ses deux jambes? il n'a jamais exprimé le moindre remords, ni pour les déportations qu'il a organisé, ni pour les algériens qu'il a fait massacré en octobre 61, ni pour aucune des autres saloperies qu'il a pû commettre....
Mais le plus affligeant dans tout celà, le plus symthomatiquement français, c'est surtout cette logique absurde de l'interdiction d'évoquer un sujet. C'est exactement comme la loi de 1970 sur les stupéfiants, qui interdit même d'aborder le sujet au risque d'être condamné pour apologie de l'usage de drogue. C'est ridicule. Si on aborde pas un sujet, comment peut-on le comprendre, et le cas échéant en tirer les leçons? Comment convaincre une personne de ne pas consommer de drogues, si on ne peut pas en parler?
De la même façon, refuser d'abborder sereinement les raison qui ont poussé un groupe de jeunes gens à se tourner vers le terrorisme, c'est comme toutes les leçons non apprises de l'histoire, se condamner à la revivre.

Posté par matiu à 16:32 - politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 octobre 2008

histoire d'eau

A lire, cette intéressante histoire d'eau qui se déroule en Californie, où des citoyens se battent contre Nestlé qui, comme partout dans le monde, privatise les ressources indispensables à la vie.

Posté par matiu à 11:59 - coup de geule, coup de coeur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 septembre 2008

Comment vendre les OGM? l'exemple du Monde

Un superbe exemple de journalisme de commande, ou plutôt de titre mensonger:
Le Monde publie ce matin un article titré de façon enthousiaste : Un coton transgénique protège les cultures conventionnelles
Intéressant.
Sauf que, en lisant l'article, on s'aperçoit que la réussite contre le premier parasite s'accompagne d'une explosion d'un second, non sensible aux effets de l'OGM, que les paysans peu ou pas formés multiplient les épandages de pesticides... bref, toutes les catastrophes écologiques que l'on reproche, depuis toujours, aux OGM....
Ca c'est du grand journalisme...

Posté par matiu à 15:55 - presse, media - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 septembre 2008

avant, ils étaient de gauche, il parait...

Bon, je vous ai laissé assez de temps pour vous réjouir de quelques bonnes nouvelles, alors faut pas déconner non plus on va revenir à du lourd, du sérieux.
En l'occurrence, ca aurait même plutôt eu sa place dans la collection des petites manifestations quotidiennes de la décomposition avancée de notre société, ces microfascismes qui m'inquiètent tant.
Il s'agit aujourd'hui de (l'excellentissime) blog de Sebastien Fontenelle; si j'avais un petit reproche à lui faire, c'est peut-être que son travail est un tantinet déprimant/énervant, et qu'il ne faut pas en lire trop d'un coup. Un par jour c'est grand maximum.
Il nous raconte ici comment un ex-journal de gauche, Libération, glisse, dans l'indifférence générale, vers la puanteur la plus écoeurante.
Le Mahométan N’A (Décidément) Pas Fini De Nous Inquiéter
Voilà, c'est à lire, et c'est génial. N'en abusez pas quand même: Au début ca fait vomir très fort, et après il y a le coktail molotov qui démange...

Posté par matiu à 17:09 - coup de geule, coup de coeur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 septembre 2008

La Scientologie bientôt jugée pour escroquerie

On a déjà pas souvent de raisons de se réjouir, alors il ne faut pas rater celle-là. Reste à attendre le résultat...
21_02_2008___scientologie
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SOURCE: LIBERATION.FR

La Scientologie bientôt jugée pour escroquerie
)
Deux associations de l'Eglise de Scientologie française et sept de leurs dirigeants seront jugés en correctionnelle, à Paris, pour «escroquerie en bande organisée».

L’Eglise de Scientologie a été renvoyée aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris pour «escroquerie en bande organisée», une qualification qui pourrait entraîner la dissolution de ses principales structures françaises, en cas de condamnation.
Une condamnation pour ce chef, passible de 7 ans de prison, pourrait aboutir à la dissolution des deux structures mises en cause : l’Eglise de Scientologie (ASES-CC - Celebrity centre) et la société anonyme SEL (sa librairie). Sept scientologues, dont Alain Rosenberg, directeur général du Celebrity centre, sont également poursuivis, dont certains pour «exercice illégal de la pharmacie».
«De faux tests de personnalité»
Au terme d’une ordonnance de 70 pages consultée par l’AFP, le juge estime que l’Eglise de Scientologie a trompé les parties civiles «en recourant systématiquement à des tests de personnalité dépourvus de valeur scientifique (…) dans la seule perspective de vendre des services ou divers produits».
Le magistrat constate que le centre de Scientologie, sous couvert «d’identifier et de résoudre (les) difficultés psychologiques prétendues ou de favoriser l’épanouissement personnel» d’une plaignante, a eu «pour seul but de capter leur fortune» en «exerçant une emprise psychologique» sur elles.
Le juge est allé à l’encontre du parquet qui avait requis le 4 septembre 2006 un non-lieu général, estimant notamment que les mis en examen étaient animés «par leur seule conviction religieuse» et n’avaient tiré «aucun bénéfice personnel».
L’Eglise de Scientologie n’a pas souhaité s’exprimer sur le fond avant d’avoir lu l’ordonnance. Mais elle dénonce, dans un communiqué, un «climat de stigmatisation entretenu (…) par certaines institutions comme la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)».
Dix ans de procédure
L’affaire avait débuté en décembre 1998. Une femme avait déposé plainte s’estimant victime d’une escroquerie par la Scientologie. Abordée quelques mois plus tôt à Paris par des scientologues pour un test de personnalité gratuit, elle avait au final dépensé environ 30.000 euros pour des cours, l’achat de livres, de médicaments et d’un «électromètre», appareil électrique censé «mesurer les variations de l’état mental de la personne par les modifications importantes de la résistance électrique».
«Il apparaît clairement que cet appareil n’est qu’un leurre destiné à donner un aspect scientifique à une opération qui n’a rien de tel», estiment des experts cités dans la procédure.

Posté par matiu à 17:44 - Bonnes nouvelles, yadesfoisçavabien - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 août 2008

jeu video art contemporain et politique

spacetradecenterVoilà une histoire tout à fait étonnante, et surtout très symptomatique de notre époque.
Elle est racontée en détail sur le site Ecran: les envahisseurs version 11 septembre débranchés.
Pour résumer, un artiste a créé un jeu vidéo non commerciale, en fait une installation, qui reprend l'imagerie du célèbre jeu video Space Invaders. dans cette version les vilains envahisseurs s'attaquent aux Tours Jumelles.
L'installation présentée dans un salon de jeu vidéo a fait scandale, au point qu'il a fini par débrancher son oeuvre.
Dans l'interview, l'artiste Douglas Edric Stanley explique en détail la polémique et prononce une phrase absolument essentielle et à méditer longuement:
Les extraterrestres bombardent les tours du World Trade Center, les endommageant jusqu’à l’écroulement final. Les gens pouvaient tirer sur les envahisseurs de l’espace en bougeant les bras, en mimant avec ses mains le geste du revolver à l’instar d’un enfant jouant au cowboy. Comme dans le jeu original, c’est souvent une lutte vaine... On ne peut gagner la bataille contre les envahisseurs qu’à condition d’y jouer éternellement !

Je trouve ça absolument sublime....

Posté par matiu à 15:49 - politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 août 2008

Oublier son identité culturelle est une ouverture au monde

Une lecture un peu rude pour un 15 aout, mais absolument, génialement passionnante. (je trouve d'ailleurs assez lamentable, et pour tout dire représentatif, que Libération ait choisi de publier ce texte passionnant un 15 aout....)
Bref, c'est à lire lentement, en réfléchissant bien à chaque phrases, car c'est vraiment puissant.

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Oublier son identité culturelle est une ouverture au monde
Henri-Pierre Jeudy  sociologue (CNRS, Laios, Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales).

A Rio de Janeiro, j’ai assisté, un dimanche après-midi sur la plage de Copacabana, à une séance de capoeira. Un jeune Noir aux cheveux blonds, qui s’apprêtait à effectuer un saut gigantesque pour bondir au-dessus de deux femmes immobiles, s’exerçait devant la foule. Les gens attendaient le moment ultime où ils verraient ce corps si souple et si musclé jaillir au-dessus des deux femmes et retomber derrière elles, sur ses pieds. Un bonimenteur n’arrêtait pas de faire des commentaires ironiques sur les capacités de celui qu’il appelait tantôt son frère, tantôt son cousin. Ce jeune homme venait de Salvador de Bahia, il avait sans doute passé une majeure partie de son enfance à apprendre à se battre dans les rues et à se débattre dans la vie. Le bonimenteur lui demanda, pour annoncer enfin le saut spectaculaire, s’il était prêt, et l’homme de haute voltige, lui répondit sur un ton solennel : «Je suis né prêt.»

Dans toutes les grandes villes du monde, des scènes quotidiennes, nous révèlent l’étrangeté culturelle dans laquelle nous vivons.Pareilles scènes nous offrent des leçons de philosophie. La ville ne favorise- t-elle pas, par la variété incroyable des sensations qu’elle incite, le métissage des signes culturels, tant par le brassage des populations que par sa prédisposition à engendrer des situations qui provoquent une énigme pour notre regard ? La ville crée une anthropophagie spontanée des cultures.

Au contraire, l’encadrement touristique nous invite à percevoir les différences culturelles comme des signes patrimoniaux équivalents d’une ville à l’autre. Toute attraction exotique, laissant suspecter le résidu d’un rapport de domination coloniale, devient politiquement incorrecte.Cette négation de l’exotisme fait ainsi croire en une éthique universelle des rapports interculturels, elle est le meilleur moyen pour les Occidentaux de blanchir leur passé colonial. L’expérience de l’altérité et de la diversité étant bannie, il ne reste alors au touriste que des collections de signes culturels dans l’espace sans frontières de la globalisation. La réglementation de la visibilité publique de cette constellation de signes culturels réduit l’exotisme contemporain à un folklore de plus en plus uniforme.

Au rythme de la mondialisation, la «patrimonialisation» des différences culturelles, à des fins touristiques, offrirait l’image idéale d’un dialogue interculturel universel. A la «guerre des identités» répondrait la pacification thérapeutique d’une folklorisation patrimoniale des cultures. Mais dans quelle mesure les signes culturels auraient-ils besoin d’être objectivés comme des repères identitaires ? La revendication des identités culturelles est à la fois la manifestation d’une volonté collective de préserver une singularité culturelle et une manière de défendre la coexistence des cultures pour éviter leur fusion trop excessive. A force de considérer que chaque communauté a un droit de reconnaissance de sa «propre» culture, l’identité culturelle devient une pancarte qui circonscrit le territoire de l’autre pour empêcher le risque de contamination des cultures. Fort heureusement, malgré ou avec ses quartiers délimités par la présence de diverses ethnies, la ville préserve toute son hétérogénéité culturelle vivante.

Avec l’apologie du multiculturalisme, le rôle des identités culturelles devient paradoxal. Celles-ci peuvent être à la fois niées, reconnues ou se perdre au gré d’une certaine hybridité. Cette référence à l’identité culturelle prend toujours l’allure d’une résistance à l’universalité qui risque de conduire au «communautarisme». L’appel à une reconnaissance identitaire vient poser des frontières dans les formes contemporaines d’interpénétration des cultures. Or, en deçà des tentatives de «marquage identitaire», il semble bien que les signes culturels, les modes d’expression langagière manifestent eux-mêmes une certaine hospitalité, comme si le destin des cultures était justement de s’interpénétrer. Le désir d’oublier «son» identité culturelle est une ouverture au monde. Toute gestion ostensible des rapports interculturels finit par transformer cette attraction réciproque des cultures en contrôle des échanges. Et la volonté politique de démontrer la nécessité du dialogue entre les cultures se solde par une organisation prophylactique contre les dangers de l’anthropophagie culturelle dans l’espace public.

Rappelons qu’une publicité pour le musée du quai Branly montrait une statue de l’île de Pâques sur la place de la Concorde, un gantelet de culture Chimú sur la place Vendôme, avec ce slogan «Les cultures sont faites pour dialoguer». De quel dialogue s’agit-il ?

Dans la ville, à l’encontre d’une gestion politique des phénomènes interculturels, les relations sporadiques semblent si insaisissables qu’elles font déjà dialogue. A la manifestation transculturelle la plus immédiate, la plus instantanée des relations dans l’espace public, se substitue la mise en œuvre des modalités de médiation sociale et culturelle pour une meilleure gestion des rapports interculturels. Tout le vocabulaire est révélateur de cette détermination à produire le prétendu dialogue des cultures. Il est en effet étonnant de voir comment les préfixes (inter, multi, trans…) utilisés devant l’adjectif «culturel» désignent une évolution des modes de gestion politique des phénomènes culturels dans le contexte de la globalisation. Certains sociologues veulent démontrer que le passage de la «diversité culturelle» à «l’interculturalisme» correspond à une évolution de la réflexion sur «le dialogue des cultures». Mais une telle croyance occulte toute la puissance de la diversité en la subordonnant aux impératifs d’une intégration sélective. On peut alors déplorer l’absence de distance critique, entre la réflexion sociologique et les discours médiatiques ou politiques qui font du multiculturalisme, le symbole des bénéfices de la mondialisation. Les concepts désignent plutôt l’impossibilité de saisir les formes vécues des rapports culturels. La mondialisation entraîne une déterritorialisation avec l’émergence d’un espace de plus en plus post-national. Elle utilise à ses propres fins, les effets de la localisation et du repli identitaire pour légitimer la folklorisation patrimoniale des cultures à l’échelle universelle. Du coup, l’anthropophagie culturelle est frappée d’anachronisme. Elle correspond à une époque oubliée où la curiosité pour l’autre pouvait être à l’origine du dialogue entre les cultures.

Posté par matiu à 13:17 - coup de geule, coup de coeur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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